Rencontre avec Vanessa Pilon, la magnifique

C'est hot !

Rencontre avec Vanessa Pilon, la magnifique

Mercredi 7 mars 2018
Depuis quelques années, son nom est sur toutes les lèvres. Chroniqueuse à l’émission Salut Bonjour, animatrice à Vrak et à Évasion, cette star incontestée des tapis rouges (et future maman!) Nous éblouit par son aura. Entretien avec l’intègre et exquise Vanessa Pilon. 

 

 

Tu affirmes que tu n’as jamais rêvé de vedettariat. Ta popularité t’étonne-t-elle ou tu te dis que c’était ta destinée?

 

Avec le temps, je crois de plus en plus au destin. J’étais une petite fille très gênée. Je voulais toujours rester dans l’ombre (je rêvais alors d’être archéologue!). Mais, en même temps, je suivais des cours de ballet et j’étais constamment choisie pour être en avant. À l’école, j’étais toujours élue présidente de la classe. Les gens me mettaient en lumière, alors que ce n’était pas là que je voulais être. Même quand j’ai étudié le journalisme, c’était pour travailler à l’écrit. Peut-être que je me battais un peu contre ma nature, car quand j’ai décidé de laisser aller les choses, tout s’est placé malgré moi.

 

 

À quel moment as-tu commencé à te sentir à l’aise dans la lumière?

 

Encore aujourd’hui, je ne peux pas dire que je le suis! (rires) Mais je suis certaine de savoir exercer mon métier. Parce que j’ai travaillé fort, parce que je me suis remise en question. Et j’ai de plus en plus de plaisir à l’exercer. Mais j’ai encore le syndrome de l’imposteur. Je me dis: «Ben voyons! Les gens vont réaliser que je n’ai pas rapport là! Je ne suis pas assez ceci, je n’ai pas assez de cela... Comment j’ai bien pu aboutir ici?»

 

 

Tu as eu, plus jeune, des problèmes d’estime de soi... Ces problèmes sont-ils derrière toi?

 


Hum... Je suis de plus en plus solide, mais je ne suis vraiment pas à l’abri d’une tempête! On n’atteint pas l’amour de soi du jour au lendemain! C’est quelque chose qui s’entretient et se chérit. Personnellement, je dois me réserver du temps uniquement pour moi, où je n’existe pas dans le regard des autres. C’est une hygiène de vie mentale. J’ai besoin de ces moments où je ne suis pas sur les médias sociaux, où je ne suis pas en représentation. Parce que si je me regarde à travers les yeux des autres, je me remets constamment en question: est-ce que je suis assez belle? Assez bonne? Est-ce que les gens m’aiment? Disons que c’est un équilibre très fragile.

 

 

Pourtant, tu sembles être la reine d’Instagram! Quelle place occupent les médias sociaux dans ta vie?

 


Ils m’apportent beaucoup de joie et beaucoup d’anxiété! C’est une fenêtre sur le monde, une incroyable source de découvertes et d’inspiration. Par contre, c’est aussi un fardeau. Quand on a du succès, on s’habitue au nombre croissant d’abonnés, aux J’aime. Je dois maintenir le cap, renouveler l’intérêt des gens avec mes publications afin de maintenir mes statistiques. Car ça fait partie de mon gagne-pain. Je ne le fais plus juste pour le fun: ces statistiques ont de l’importance aux yeux des producteurs télé et de bien d’autres. J’essaie toutefois de trouver le bon équilibre. Je veux rester authentique et publier ce que j’ai vraiment envie de partager... tout en me servant des réseaux sociaux comme d’un outil de travail. 

 

 

 

 

On te reconnaît à ton beau grand sourire. Pour toi, sourire, c’est un choix ou un réflexe?

 

Je ne souris pas tout le temps. Quand je suis dans ma tête, je peux avoir l’air assez bête! (rires) Mais oui, souvent je choisis de sourire, parce qu’on ne peut pas toujours tout contrôler, mais qu’on peut choisir la façon dont on prend les choses. Et sourire, c’est un lubrifiant humain tellement simple, tellement gratuit que je trouverais ça nono de m’en passer! J’aime sourire aux gens que je croise dans la rue, et lorsqu’ils me rendent la pareille, ça me fait du bien à moi aussi. C’est un code universel. Peu importe notre âge ou d’où on vient, c’est un signe que l’on comprend tous.

 

 

Tu as travaillé comme guide touristique... Ce sera sans doute un atout pour animer 99 envies d’évasion à Berlin, cet hiver, sur les ondes d’Évasion?

 

Mets-en! Quand j’ai commencé à faire de la télé, c’est ce genre d’émission que je rêvais d’animer. Parcourir le monde pour faire ce qui me fait le plus vibrer dans mon métier, c’est- à-dire découvrir des choses et les partager avec les autres, c’est idéal, pour moi!

 

 

Tu aimes aussi beaucoup la mode. En quoi consiste ta récente collaboration avec la designer québécoise Sofia Sokoloff?

 

J’ai été tellement honorée quand elle m’a contactée! Sofia a demandé à des femmes qu’elle trouve inspirantes de concevoir un soutien-gorge léger à leur image... Et on les a créés pour vrai! On est allées à l’atelier, on a fouillé dans les tissus et on a fait des croquis. Et chacune des participantes a choisi un organisme qui lui est cher auquel verser la moitié du prix de vente de ces modèles. Moi, j’ai choisi de donner aux CALACS, les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. 

 

 

Tu es d’ailleurs le visage de la nouvelle campagne gouvernementale contre la violence sexuelle faite aux femmes. C’est une cause qui te touche particulièrement?

 

Oui. J’ai moi-même été victime d’agression sexuelle. Et aussi de harcèlement sexuel, simplement parce que je suis une femme. Nous sommes plusieurs à avoir été exposées à ce genre de situation: se faire pogner une fesse dans le métro ou se faire dire des choses déplacées, etc. J’ai décidé de m’impliquer dans cette cause, parce que quand j’ai parlé publiquement de mon agression en 2012, la réaction de mes parents a été: «Pourtant, on t’avait expliqué tout ce qu’il fallait savoir pour ne pas te faire agresser!» On apprend aux filles comment ne pas se faire agresser ou ne pas se retrouver dans des situations d’abus. Mais la sensibilisation doit se faire aussi auprès des gars! Et c’est ce qu’on est en train de faire: faire en sorte que la honte change de camp. Toute ma vie, j’ai vécu avec cette honte-là. Je trouve que ce poids ne devrait vraiment pas reposer sur les épaules des victimes.

 

 

Ton père était à une époque un chanteur de charme, et maintenant tu es en couple avec Alex Nevsky... Ton attirance pour les hommes qui chantent serait-elle dans ton ADN?

 

On dirait que oui, inconsciemment! (rires) Pourtant, quand j’étais jeune, je m’étais dit: «Jamais un chanteur! Je ne serai pas comme ma mère!» Toutes les filles sont amoureuses d’un chanteur lorsqu’il est sur scène, et je ne voulais pas être LA fille qui a réussi à être avec lui alors que toutes les autres le convoitent. Mais, en réalité, ces appréhensions n’avaient pas rapport, parce que je suis tombée en amour avec l’humain et non avec le chanteur. 

 

 

Tu attends un enfant pour juillet. Quel genre de mère crois-tu que tu seras?

 

Je sais qu’il y a des pièges que je devrai éviter. Par exemple, j’ai un petit désir de perfection dans la vie... et je crois que maternité et perfection sont deux mots qui ne vont pas vraiment ensemble! (rires) J’aimerais être une mère qui sait lâcher prise, qui laisse son enfant lui enseigner des choses. Mais ce qui est primordial, c’est l’amour. Dans n’importe quel contexte social, l’amour de deux parents est le terreau le plus fertile qui soit pour que l’enfant se développe de la meilleure façon possible. Pour tout le reste, je me questionnerai au fur et à mesure.

 

 

De quoi rêves-tu pour les prochaines années?

 

De continuer à grandir comme être humain. De continuer à apprendre et à me remettre en question pour devenir une meilleure personne. De continuer de prendre des décisions avec mon cœur et de vivre dans l’amour avec ma famille, mon amoureux et les autres en général. Le reste, c’est accessoire. Je n’ai pas de plan. Je me laisse porter par la vie et je suis toujours surprise. Et j’aime beaucoup les surprises!

 

 

Texte: Sophie Pouliot | Photos: Neil Motta | Stylisme: Jay Forrest