Rencontre avec Maripier Morin: attachante et passionnée

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Rencontre avec Maripier Morin: attachante et passionnée

Vendredi 9 février 2018
Cette année, Maripier Morin fera ses débuts au cinéma et prendra la barre du grand jeu-questionnaire Face au mur. Le secret de son succès? Derrière ses grands éclats de rire, ses tenues glamours et son langage coloré, l’égérie de Revlon est une véritable force de la nature.

 

 

Tu as dit un jour que lorsque tu te mettais une idée en tête, rien ne pouvait t’arrêter. Te sens-tu toujours comme ça aujourd’hui?

 

Oui, plus que jamais! J’en suis quasiment dangereuse! J’ai énormément de projets sur le feu en ce moment. Mais chacun d’entre eux est aussi important que le prochain ou le précédent. Tout est fait avec la même énergie et le même désir d’exceller ou, du moins, de faire au mieux de mes capacités. Ça me met beaucoup de pression, mais je sais que je suis capable de «livrer».

 

 

Pourquoi as-tu eu envie de jouer dans le film Le triomphe de l’argent, de Denys Arcand?

 

Quand Denys m’a téléphoné, je n’avais jamais joué, je n’avais jamais même ressenti le désir de jouer. C’est le personnage d’Aspasie qui m’a vraiment parlé. Je trouvais qu’il y avait beaucoup de similitudes entre son existence et la mienne, et j’étais convaincue que j’allais être capable de lui donner vie.

 

 

Tu crées aussi de la lingerie, maintenant. En quoi consiste ton partenariat avec la marque de lingerie Blush?

 

J’ai développé une collection avec eux. Trois lignes sont sorties cet automne, une sera dévoilée pour la Saint-Valentin, et une autre, destinée aux mariées, reste à venir. J’ai voulu créer le soutien-gorge parfait selon mes standards à moi... En espérant que les autres filles triperont, elles aussi. (rires)

 

 

Quels sont tes critères pour accepter un projet?

 

Mon gut feeling. Il faut que j’aie le goût de le faire et que ça me fasse évoluer en tant qu’humain. Par exemple, avec Le triomphe de l’argent, j’ai appris à écouter, à réagir aux autres, à être sensible, à aller dans des zones sombres. Tout le travail réalisé pendant deux mois avec ma coach de jeu a été fascinant. Pour ce qui est de Face au mur, j’ai appris à tenir un plateau, à mener une équipe, mais à le faire avec gentillesse et respect tout en ayant de la poigne et en restant «groundée». C’est un méchant défi!

 

 

 

 

As-tu déjà envisagé de mettre ta carrière en veilleuse pour suivre ton amoureux, le joueur de hockey Brandon Prust, par exemple en Allemagne, où il jouait jusqu'à récemment?

 

Ça ne m’a jamais traversé l’esprit! Même quand il était dans la ligue nationale, dans les premiers mois de notre relation, je lui ai dit: «Si c’est ce que tu cherches chez une femme, qu’elle te suive partout, qu’elle mette sa vie et sa carrière en veilleuse, on arrête ça tout de suite parce que, moi, ça me rendrait tellement malheureuse qu’il n’y aurait pas d’avenir pour nous.» Et il m’a dit: «Non, non, tu fais tes affaires et on va toujours trouver une façon de s’aimer et d’être ensemble.»

 

 

Pourquoi ta carrière est-elle si importante à tes yeux?

 
J’aime profondément travailler. Je me fais souvent demander pourquoi j’en fais autant, si je suis accro à l’argent, etc. Premièrement, il faut savoir que je dis non à 80 % des choses qui me sont proposées. Je suis dans une bonne phase de ma carrière, donc le téléphone sonne énormément. Je choisis méticuleusement les projets auxquels je veux m’associer et sur lesquels je veux travailler. Mais j’ai un profond amour pour un horaire bien rempli, pour les grosses journées où on n’arrête pas de travailler. Je viens d’une famille de travaillants, des gens qui s’accomplissent dans le travail. Mais, en même temps, mon métier, ce n’est pas moi. Je ne me définis pas par ma job.

 

 

Comment fais-tu pour ne pas te définir par ton métier alors qu’il prend autant de place dans ta vie?

 

Je me garde des moments libres, et c’est grâce à ma famille et à mes amis que je reconnais ma valeur, pas grâce à ma job. Ma valeur provient de la façon dont je prends soin des gens autour de moi, de la façon dont je m’entoure. C’est vraiment parmi eux que je trouve mon équilibre.

 

 

Le public a toujours apprécié ton authenticité... Est-il difficile pour toi de rester authentique quand ta popularité connaît un essor phénoménal?

 

Il ne faut jamais que je la perde! L’authenticité, c’est vraiment ma plus grande qualité. Le public voit complètement à travers moi, il n’y a pas de bullshit. Je suis 100 % honnête. Des fois, ça joue un peu contre moi, mais ça peut aussi être payant. Personne n’a un vernis impeccable. Le mien est tout craqué, et c’est parfait comme ça. 

 

 

 

 

Quel rapport entretiens-tu avec tes débuts dans la sphère publique?

 

Ils ont été hyper formateurs. Quand je suis sortie d’Occupation double, j’ai servi de pinata humaine pendant un bout de temps. Le bon côté, c’est que ça m’a fait réaliser que, si les médias s’enflamment, ils peuvent aussi s’éteindre très vite. On ne doit pas prendre tout ce qu’ils disent pour du cash, que ce soit négatif ou positif. Ça permet de relativiser les choses par la suite. Et je ne peux pas renier mon passé. Si je fais ça, je discrédite tout le reste de ma carrière. C’est à Occupation double que tout a commencé, et je n’y changerais rien, parce qu’à travers ce processus-là, j’ai appris des choses sur moi qui m’ont fait devenir la femme que je suis aujourd’hui. Les claques sur la gueule que j’ai mangées après OD, j’en avais besoin.

 

 

Y a-t-il des gens dont tu admires particulièrement la carrière?

Véronique Cloutier. Elle est sur mille et un fronts (la radio, la télé, la scène, etc.), et elle a trouvé son équilibre avec louis Morissette et leurs enfants. C’est ce à quoi j’aspire. Et puis quand je vois Janette Bertrand qui a 94 ans et qui écrit encore des livres, qui est encore sharp, encore actuelle, ça m’inspire tellement!

 

 

As-tu peur de vieillir?

 

De moins en moins. Quand j’étais plus jeune, ça m’obsédait, mais ce n’était pas tant changer qui me faisait peur que l’impression de me rapprocher de la mort. J’avais peur de manquer quelque chose. Tandis que depuis mes 30 ans, on dirait que ça s’est calmé en moi; la tempête est moins grande. J’ai moins peur de l’avenir — au contraire, ça m’excite! Et on vieillit tous. Je ne veux pas devenir dépendante de la façon dont les gens me perçoivent. J’ai envie de vieillir avec grâce et élégance (parce que ça se peut!), en assumant totalement mon âge. Dans ma famille, on n’a jamais valorisé la beauté, on valorise plutôt l’effort et la façon dont on traite les autres. Mon système de valeurs n’est pas basé sur le paraître. Jamais je ne vais être tentée d’approcher quelqu’un parce qu’il est beau. Même les gars qui m’intéressaient avant brandon n’étaient jamais des pétards. L’intelligence et l’humour m’attirent beaucoup plus. Même que, pour moi, les visages atypiques sont beaucoup plus intéressants que les beautés classiques. En plus, avec les années, je trouve que j’embellis. Ç’a l’air fou à dire, mais je suis de plus en plus sur mon «x», j’ai trouvé ma place et je trouve que ça paraît dans ma face. Comme les mariées ou les jeunes mamans, qui ont l’éclat particulier du bonheur. 

 

 

 

Photos: Malina Corpadean | Stylisme: Patrick Vimbor

Sophie Pouliot