Est-ce que notre apparence a un impact sur notre avancement professionnel?

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Est-ce que notre apparence  a un impact sur notre avancement professionnel?

Vendredi 24 mars 2017
Des dizaines d’études sur le sujet s’entendent pour dire que oui. D’autant plus quand on est une femme.

Le pouvoir de l’image

 

 

«Notre mise en scène corporelle facilite notre travail, notre intégration dans un groupe et notre autorité. C’est un outil de travail et de communication. Si on nie ça, c’est sûr qu’on ne pourra pas l’utiliser à son maximum», affirme Mariette Julien, professeure associée à l’École supérieure de mode de l’UQAM.

 

Les plus sceptiques d’entre nous auront peut-être envie de crier au scandale, mais des recherches ont prouvé à maintes reprises que l’apparence physique, qu’on le veuille ou non, a une incidence bien réelle sur la manière dont nous sommes perçues en société et dont nous percevons les autres.

 

Plusieurs universités américaines sont arrivées au même constat: si on est grande, belle (mais pas trop, autrement, ça peut jouer contre nous!) ou blonde, notre salaire peut être de 3 à 15 % plus élevé que celui de nos collègues.

 

Ces iniquités sont aussi présentes chez les hommes. Les gens auraient même tendance à être plus généreux avec les individus bien habillés lorsqu’il est question de pourboires, de dons ou de partage d’informations.

 

Difficile de dire si ces avantages découlent d’une plus grande confiance en soi dégagée par la personne concernée ou s’ils se manifestent à cause du jugement des gens qui l’entourent.

 

Peu importe leur provenance, ces passe-droits sont rarement octroyés de façon consciente.

 

Ce sont plutôt notre instinct animal et nos prédispositions génétiques qui parlent, selon la professeure. «C’est comme un bébé qui est plus attiré vers une gardienne enrobée; les formes rondes sont liées à l’amour et au réconfort.» Notre jugement sur les autres et leur enveloppe corporelle serait donc en partie génétique.

 

 

 

Crédit photo: Instagram de @louiselabrecque

 

 

 

Un style à soi

 

 

En tant que femme, contrôler l’image qu’on projette, surtout sur le marché du travail, est encore plus complexe.

 

À la fin des années 1980, quand les femmes ont commencé à accéder à des postes haut placés, elles ont aussitôt volé des pièces au vestiaire de l’homme pour imposer le respect. Le powersuit, complet-veston aux épaules XL, était alors l’uniforme de toute carriériste.

 

«C’est une illusion d’optique. Lorsqu’on a des épaules plus larges, on a l’air plus fort», explique Louise Labrecque, styliste et fondatrice de l’Académie Avec Style.

 

Aujourd’hui, un style professionnel réussi est plutôt un savant mélange d’expression de notre personnalité et, simultanément, de retenue.

 

Trop de flaflas, et notre propos est perdu au profit de notre look.

 

Selon la styliste, pour trouver notre signature, il faut se demander quel message on a envie d’envoyer aux autres, parce que la perception de notre interlocuteur n’est jamais bien loin.

 

«Si je veux montrer mon côté artistique, je vais m’habiller avec des couleurs et des accessoires artsy. Si je veux montrer mon côté sérieux, je vais mettre des lunettes.»

 

 

 

Crédit photos: Instagram de @chloelarouche

 

 

Originaire d’ici mais vivant maintenant à Los Angeles, Chloé Larouche est kinésiologue et entraîneuse personnelle.

 

Pour la plupart des Québécois, son style pourrait être qualifié d’excentrique, mais en Californie, il passe quasiment inaperçu. Même si elle n’est pas chaude à l’idée d’avoir un branding personnel dans le domaine de la santé, elle en a développé un malgré elle. «Mon branding est un peu de ne pas ressembler au reste de l’industrie; de rester moi- même.»

 

Évidemment, elle préfère penser que ses clients l’engagent pour ses compétences plutôt que pour son allure. «Mais je pense que mon look me donne une approche un peu plus relax.»

 

Une caractéristique possiblement attrayante pour les gens qui ne s’identifient pas à la culture fitness guindée de la côte ouest.

 

 

 

Crédit photo: Instagram de @steve.jobs

 

 

Le pouvoir de l’uniforme

 

 

À l’inverse, le concept de l’uniforme est souvent cité comme un des secrets des gens les plus performants de la planète. Feu Steve Jobs, fondateur et PDG d’Apple, était reconnu pour porter tous les jours un col roulé noir, un jean bleu et des souliers de course. Idem pour Mark Zuckerberg, tête dirigeante de Facebook, qui enfile systématiquement chaque matin une veste à capuchon, un t-shirt et un jean.

 

Il a été prouvé que la productivité d’un individu diminuait proportionnellement au nombre de décisions journalières qu’il devait prendre.

 

En désencombrant leur vie de tâches jugées futiles, ces visionnaires ont pu mettre plus d’énergie et de temps à construire deux des compagnies les plus lucratives du monde.

 

 

 

Crédit photos: Instagram de @michelleobama_2020 @sophiegregoiretrudeau

 

 

Le problème? Le concept d’uniforme ne semble pas du tout accepté lorsqu’il est le fait de la gent féminine. Il est même critiqué!

 

Les tenues de Sheryl Sandberg, bras droit de Zuckerberg, sont constamment examinées à la loupe, alors qu’elle travaille aux côtés d’un homme qui s’habille tous les jours comme un ado.

 

Même histoire pour Michelle Obama et Sophie Grégoire Trudeau: les médias adorent potiner lorsqu’elles osent porter à deux reprises la même tenue.

 

Pourtant, leurs maris n’ont jamais fait l’objet d’articles parce qu’ils avaient porté le même veston huit fois en un mois.

 

 

 

Joëlle Paquette