Entrevue avec Sarah-Jeanne Labrosse: vraie et sublime

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Entrevue avec Sarah-Jeanne Labrosse: vraie et sublime

Mercredi 16 août 2017
Sarah-Jeanne Labrosse étincelle tant aux petit et grand écrans que sur Instagram et sur les tapis rouges. À 26 ans à peine, cette jeune femme audacieuse, déterminée et terre à terre, qui a relevé le défi substantiel d'incarner le rôle iconique de Donalda Poudrier, n'a pas fini de nous en mettre plein la vue.

 

 

 

En plus de ton charme et de ta beauté, il émane de toi énormément de force et d’intelligence. Comment ces qualités te servent-elles dans ton métier?

 

D’abord, c’est beaucoup trop de compliments pour que je me perçoive de cette façon-là. (rire timide) Ce que je peux dire, c’est que je me sens très libre, bien et forte mentalement, et que j’essaie d’être authentique dans ce que je dégage. Je fais aussi en sorte qu’on sente que mon image n’est pas ma priorité. Je veux qu’on m’appelle pour toutes sortes de rôles, peu importe de quoi ils ont l’air. Je trouve qu’il y a beaucoup de comédiens qui tombent dans ce panneau-là, qui sont trop préoccupés par leur image, qui refusent que leurs cheveux soient coiffés de telle manière, par exemple, et, au final, tous leurs personnages finissent par se ressembler. Je comprends que ce soit «confrontant» de se voir différemment à l’écran, de s’y voir vieillir aussi. Mais lorsqu’on veut à tout prix bien paraître, on en vient à transformer son jeu pour ne pas être désavantagé esthétiquement... et je le déconseille à tout acteur! (rires)

 

Tu tournes en ce moment la quatrième saison de la série Le chalet, diffusée à Vrak. Le personnage que tu y interprètes est un peu ton alter ego, n’est-ce pas?

 

Oui, je m’y retrouve beaucoup, car la production s’inspire de nous, les comédiens, pour élaborer la série. En fait, j’ai tellement de similitudes avec mon personnage que je ne sais pas par laquelle commencer... Je suis quelqu’un qui adore l’amour, comme elle, et qui est très proche de ses amis. J’ai aussi tendance à prendre les devants et je me considère aussi libre qu’elle.

 

Quel est le secret pour plaire, comme c’est ton cas, au public difficile que forment les jeunes?

 

Je crois que ce qui se passe entre les jeunes et moi, c’est d’abord que je n’essaie pas de les gagner. Je ne me suis pas transformée pour essayer de leur plaire. Avec moi, c’est what you see is what you get, et, ça, ils le comprennent et ils aiment ça. Il y a quelque chose de vraiment organique, de naturel dans l’amour mutuel que je partage avec les jeunes.

 

Est-ce important pour toi, d’autant plus que tu es porte-parole de l’organisme Tel-jeunes, d’être à l’aise avec les messages que ton personnage du Chalet envoie?

 

Je ne peux pas porter d’attention particulière à ce qu’un personnage transmet, dans le sens où je ne peux pas modifier ce qui est désiré par les auteurs et la production. Donc, si mon personnage, l’an prochain, devenait une mauvaise influence pour les jeunes, je le jouerais quand même et j’aurais autant de plaisir, parce que, moi, ce que j’aime, c’est jouer! Je pense plus à l’influence que, moi, j’ai dans la vie en m’exposant sur les réseaux sociaux, parce que, là-dessus, j’ai le contrôle. Les jeunes nous regardent vivre sur les réseaux sociaux, moi et toute la gang du Chalet, et ça les influence dans leurs choix vestimentaires, dans leurs choix de films, de musique, etc. Mais je ne le ressens pas comme une pression et je ne me restreins pas ben, ben! (rires)

 

Le personnage de Donalda, dans Les pays d’en haut, tient une place importante dans l’imaginaire collectif québécois. Qu’est-ce que ce rôle t’a apporté sur le plan humain?

 

J’ai beaucoup appris sur cette époque. Les femmes qui ont créé notre pays étaient très fortes, mentalement et physiquement. On exigeait beaucoup d’elles, et il fallait qu’elles soient très résilientes. Certaines d’entre elles étaient modernes, comme Donalda, malgré le peu de pouvoir qu’elles avaient. Donalda, c’est un personnage que j’aime, et je l’aime d’ailleurs de plus en plus avec les années. Je me suis beaucoup attachée à elle et je comprends les décisions qu’elle prend. 

 

 

 

 

 

Tu joues aussi dans le film de Ken Scott, The Extraordinary Journey of the Fakir, qui sortira en 2018. C’était une expérience particulière pour toi, non?

 

Oui, c’est une comédie dramatique romantique, tournée en anglais, où je joue une Parisienne excentrique, drôle, «rushante» de par son énergie survoltée. C’est un petit rôle, mais c’est un comic relief. C’est très rare qu’on m’appelle pour ce genre de rôle! Aucun drame: juste du drôle, pis du lourd. C’était hors de ma zone de confort... ce qui est vraiment le fun!

 

Tu aimes prendre des risques... autant dans ton métier qu’avec tes tenues vestimentaires, n’est-ce pas?

 

Oui, ma zone de confort, c’est d’être hors de ma zone de confort! À travers les vêtements, j’aime me questionner sur le regard que je pose et que les autres posent sur moi. J’aime parfois que ce que je porte dérange, alors que, d’autres fois, je préfère passer inaperçue, être invisible. Pour moi, la mode, c’est à la fois une forme d’expression et une forme d’art. On peut avoir l’impression que s’intéresser à la mode est superficiel, mais je n’ai aucun complexe avec ça. Je suis très Instagram. J’aime beaucoup y montrer des looks, montrer ce que je porte: «Check ma robe!» «Check mon jean!» «Check comment je me sens aujourd’hui!» C’est une façon pour moi de m’exprimer.

 

D’où te vient cet intérêt pour la mode?

 

De ma mère. Elle a toujours été très curieuse, très changeante... même si, pour des enfants, ça peut être «challengeant» de voir leur mère changer. On a tendance à avoir envie que notre mère soit toujours habillée pareil, qu’elle ait un style à elle, qui soit régulier, rassurant. Ma mère, c’est tout le contraire. Encore aujourd’hui, j’ai parfois l’impression que ça peut déranger mes frères, qui vont lui demander, par exemple, pourquoi elle a des trous dans ses jeans. Elle s’habille comme elle veut, elle a toujours osé et ça a beaucoup influencé ma façon de penser.

 

En 2009, la tricoteuse que tu es a lancé l’entreprise Foulard réconfort, qui est actuellement en «pause». T’imagines-tu un jour à la tête d’une autre entreprise dans le domaine de la mode?

 

Oui, absolument! J’aimerais vraiment ça. J’ai un petit côté entrepreneuriat qui me vient de ma famille, et c’est sûr qu’un jour je vais démarrer une entreprise. Et oui, il y a vraiment des chances que ce soit relié à la mode.

 

On te voit souvent porter des lunettes et, cette année, tu as eu la chance de créer une monture pour la marque BonLook.  Tu aimes le résultat?

 

J’adore les lunettes en général. J’en porte depuis cinq ans et j’en ai acheté compulsivement de toutes les formes et de toutes les couleurs. Alors, pour moi, c’est vraiment un cadeau d’avoir pu créer mon propre modèle, et je le porte parce que je l’aime sincèrement. Elles font un peu intello, donc pour moi ce ne sont pas forcément des lunettes sexys. Comme elles sont rondes, je trouve qu’elles ont un petit air naïf et, en même temps, comme elles sont minces et qu’elles sont faites en métal et non en plastique, je trouve qu’elles ont un petit côté chic. On peut les porter avec un jean et avoir l’air gamine ou encore avec une robe et avoir l’air sophistiqué, et, ça, ça me ressemble.

 

 

Sophie Pouliot