Maroquinerie: tout sur l’industrie du cuir au Québec

C'est hot !

Maroquinerie: tout sur l’industrie du cuir au Québec

Mercredi 17 mai 2017
L'industrie du cuir au Québec est en totale effervescence. Les options écoresponsables sont de plus en plus nombreuses. C'est officiel: le cuir fait littéralement peau neuve!

Si on vous dit de penser aux pros du cuir, quels pays vous viennent en tête? Parions que c’est la France et l’Italie. De l’élevage des bêtes jusqu’à la confection d’un sac Vuitton ou d’escarpins Louboutin, le savoir faire européen n’est plus à prouver. Reste que les Français et les Italiens devraient surveiller leurs arrières, puisque le Québec ne cesse de prendre du galon, tout spécialement en maroquinerie. Un des principaux instigateurs? Le Centre des métiers du cuir de Montréal, qui offre un diplôme collégial très prisé et unique en son genre.

 

«Ici, en matière de technique, on vise le luxe et le haut de gamme. Après, c’est au finissant de décider comment il exercera son métier, mais il sort avec une formation de top niveau et de calibre international », assure Claire Kusy, directrice générale de l’établissement. Une foule d’étudiants parcourent des milliers de kilomètres pour venir suivre le programme du Centre, puisqu’aucune autre école d’Amérique du Nord, voire du monde, selon Mme Kusy, n’offre de formation couvrant le savoir-faire, la création et la mise en marché de la maroquinerie.

 

Quatre marques d’ici qu’on aime!

 

On n’enlève absolument rien au savoir-faire requis pour confectionner un sac Valentino ou une chaussure Manolo Blahnik. Par contre, 25 000 $ la besace en croco et plus de 1000 $ la paire de sandales, c’est loin d’être à la portée de tous les budgets! Voici quatre entreprises d’ici qui n’ont rien à envier aux grandes, et qui proposent un rapport qualité-prix un peu plus sympa pour notre carte de crédit.

 

Crédit photo: The Stowe

 

 

1- The Stowe

 

Spécialité: Les sacs minimalistes en cuir épais.

 

Bio rapido: Molly Spittal a eu la piqûre de la maroquinerie lors d’une visite chez un fournisseur de cuir à Vancouver, où elle s’était simplement rendue pour remplacer sa ceinture brisée. «Depuis, je travaille le cuir!» plaisante la créatrice. Ses sacs sont architecturaux et dépouillés, n’utilisant aucune doublure et peu de quincaillerie. «Je trouve que, si on n’utilise que du cuir, le sac dure plus longtemps. Tous les éléments peuvent alors évoluer au même rythme», dit-elle.

 

Des accessoires personnalisés: Ses sacs, fabriqués en Espagne, sont en cuir italien tanné de manière végétale. La couleur et la texture de ce type de peau changent au fil du temps, ce qui rend chaque modèle unique à la personne qui le porte.

 

 

 

Crédit photo: Instagram de @dreizehnagency

 

 

2- Cartel

 

Spécialité: Les chaussures à la philosophie slow fashion.

 

Bio rapido: Originaire de l’Île-du-Prince-Édouard, Davis Guay a inauguré Cartel en 2015 avec un but très clair: créer des chaussures intemporelles, intelligemment conçues et relativement abordables. Il dessine ses modèles depuis son studio de Saint- Henri à Montréal et fait tout produire dans une ville du Mexique spécialisée dans l’art de la chaussure.

 

Un prix honnête: Davis peut laisser «macérer» un modèle six mois avant d’approuver le design final. Lorsqu’il crée une nouvelle semelle, il demande à une de ses amies de la porter pendant un mois afin d’observer son évolution. «Quand vous achetez des souliers Cartel, vous payez pour les matériaux et le temps de travail inclus dans le processus de fabrication. C’est tout», confie fièrement le designer.

 

 

 

Crédit photo: WANT Les Essentiels

 

 

3- WANT Les essentiels

 

Spécialité: Les sacs à main bien pensés et les chaussures tout-aller.

 

Bio rapido: Les frères Byron et Dexter Peart sont à la tête de leur entreprise d’accessoires de luxe en cuir depuis 2006. Basé à Montréal, leur atelier travaille des peaux provenant de France et d’Italie pour fabriquer des objets intemporels qui ont toujours un petit je-ne-sais-quoi.

 

Gage de qualité: Chaque nouveau modèle de sac passe à travers un long processus de prototypes. Il est ensuite testé de façon quotidienne avant d’être produit, afin de s’assurer que le design est tout aussi joli que fonctionnel. «Un accessoire WANT Les Essentiels est créé avec une intention. C’est un compagnon de la vie de tous les jours», souligne le duo.

 

 

 

Crédit photo: Instagram de @intervalle

 

 

4- L’Intervalle

 

Spécialité: Des chaussures ultratendance et sweatshop free.

 

Bio rapido: Sam Assaf a travaillé chez Aldo et a été consultant pour les Kardashian et Madonna avant de lancer sa propre marque de souliers, en 2015. Avec l’aide de sa femme, Vicky Scalia, sa compagnie a grandi à la vitesse grand V et compte maintenant sept boutiques au Québec et en Ontario.

 

En mode efficacité: Même si les chaussures sont pour la plupart fabriquées en Italie et en Espagne, l’étiquette affiche un prix étonnamment raisonnable. «On est capable de produire des chaussures très abordables, puisqu’on mise sur le design immédiat. Du moment qu’on a un design en tête, on est capable de le faire produire aussitôt chez nos fabricants», affirme Vicky Scalia. C’est aussi ce qui permet à l’ambitieuse compagnie de proposer de nouveaux modèles tous les 10 jours.

 

 

 

Crédit photo: Instagram de @mattandnat

 

 

Le cas du cuir végétalien

 

Quelle est la différence entre du similicuir, du faux cuir et du cuir végétalien? La vérité... Aucune. Ils sont tous fabriqués à partir de pétrole dans le but de recréer l’aspect du cuir. Le nom est une stratégie marketing, tout simplement. Toutefois, les marques qui disent utiliser du cuir végétalien (ou végane) tendent à avoir une sensibilité écologique qui va au-delà des droits des animaux.

 

 

Matt & Nat

 

Matt & Nat, compagnie canadienne fondée il y a plus de 15 ans, se spécialise dans les accessoires mode en cuir végane.

 

«Tout a commencé dans les années 1990, quand nous avons réalisé qu’il n’y avait pas d’options pour les gens qui comprenaient qu’un sac de qualité n’avait pas besoin d’être en vrai cuir», explique Manny Kohli, le PDG de la marque.

 

Le petit plus? «Les doublures sont fabriquées à 100 % avec des bouteilles d’eau recyclées», enchaîne-t-il. Sans compter que la marque ne travaille qu’avec des manufactures qui respectent des conditions de travail extrêmement strictes.

 

Joëlle Paquette