Produits de beauté: on partage ou pas?

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Produits de beauté: on partage ou pas?

Jeudi 26 avril 2018
Prêter notre eye-liner à une collègue ou dépanner une amie avec notre crème hydratante, est-ce une bonne ou une mauvaise idée? Avant de s’autoproclamer bonne samaritaine de l’année, on lit attentivement ces conseils d’experts afin de savoir ce qu’on peut partager les yeux fermés et ce qu’on doit garder mordicus pour soi. L’objectif? Une trousse 100 % sanitaire!

 

 

MAQUILLAGE 

 

Notre experte: Amélie Ducharme, artiste-maquilleuse experte pour CoverGirl. 

 

 

On prête: le fond de teint, tant qu’il est muni d’un distributeur à pompe 

 

Pourquoi? Pour des raisons d’hygiène, Amélie n’est pas chaude à l’idée de partager son maquillage en général. «Le seul produit qu’on peut se prêter sans crainte est un fond de teint ou un cache-cernes en pompe», précise-t-elle. Contrairement à un pot ouvert, qui est en contact direct avec l’air et dont on manipule le contenu avec nos doigts (bonjour le nid de bactéries!), ce type de contenant est à sens unique: le liquide en sort et rien n’y entre, conservant ainsi sa formule dans un environnement stérile. «On met une petite quantité sur le dos de notre main qu’on applique ensuite sur notre visage à l’aide d’un pinceau ou d’une éponge préalablement lavée.» Autrement dit, si on ne peut pas les nettoyer convenablement avant, on oublie à tout prix les outils de notre amie. Et si on est mal prise, mieux vaut utiliser nos propres doigts. On note! 

 

On garde pour soi: le mascara et tout ce qui est en contact direct avec nos yeux

 


Pourquoi? Mascara, eye-liner, crayon, ombre à paupières... Tout ce qui peut toucher à notre muqueuse oculaire est un «non» catégorique selon Amélie. «Le transfert de bactéries peut causer des infections comme une conjonctivite ou un orgelet», dit-elle. La bombe à retardement se trouve en réalité dans le contenant où le produit vit: une fois que la matière est contaminée, le risque de transmission est extrêmement élevé. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est fortement conseillé de jeter tous les produits qui ont été en contact avec nos yeux lorsqu’on est aux prises avec une infection. Si on fait de cette règle, on pourrait très bien faire voyager le problème d’un œil à l’autre, un jeu de chaise musicale dont Amélie a trop souvent été témoin. «Pour ce qui est de nos trousses de maquilleurs, les règlementations d’hygiène exigent que nous remplacions nos mascaras tous les trois mois», renchérit l’experte. On ne prend aucun risque, ni avec nos amies ni avec nous-mêmes! 

 

 

SOINS DU VISAGE 

 

Notre experte: Jennifer Brodeur, spécialiste de la peau et fondatrice de la gamme de soins Peoni.

 

 

On prête: les démaquillants et les nettoyants pour le visage

 

Pourquoi? Tant qu’ils font partie d’une gamme convenable pour tous les types de peaux, il n’y a aucun problème à se les partager entre copines! «Si on oublie notre nettoyant un soir, il est préférable d’utiliser celui de notre amie que de ne pas se laver le visage du tout», précise Jennifer. La pro conseille ensuite d’appliquer notre crème hydratante habituelle sans attendre afin de rééquilibrer le pH de la peau le plus rapidement possible. Pour ce qui est des produits à usage ciblé, comme les lotions au rétinol ou les peelings, ce n’est pas parce qu’ils donnent un éclat de rêve à notre amie qu’ils auront le même effet sur notre épiderme. Que ce soit pour calmer les brûlures ou dompter les boursouflures, Jennifer est souvent venue à la rescousse de clientes qui avaient utilisé des formules mal adaptées à leur type de peau. «Sur le coup, on pense qu’on fait un bon choix et finalement, le lendemain, notre visage nous dit tout le contraire.» 

 

On garde pour soi: les brosses nettoyantes 

 


Pourquoi? On l’a toutes déjà fait: partager notre nouvel outil chouchou avec notre meilleure amie, histoire qu’elle découvre à quel point il est fabuleux. Par contre, si cette obsession beauté est une brosse nettoyante (de type Clarisonic), elle ne se prête sous aucun prétexte. «Notre peau possède son propre univers de bactéries, unique à chacune, et utiliser le même instrument encourage la prolifération de celles-ci», souligne Jennifer. Si on est plusieurs à utiliser la même brosse régulièrement et qu’on cherche une option économique, l’experte suggère d’acheter plusieurs têtes – un truc qu’elle applique elle-même avec ses trois filles. Cette règle de non-partage est aussi valable pour les éponges konjac et les brosses en silicone. «Parfois, sans même le savoir, on peut avoir une microlésion sur le visage, causée par une exfoliation trop abrasive. Utiliser les outils des autres peut être suffisant pour causer une infection épidermique», dit-elle. 

 

 

 

 

SOINS DU CORPS 

 

Notre experte: Magali Bessette, esthéticienne et propriétaire de la Bella Clinique.

 

 

On prête: les exfoliants pour le corps

 

Pourquoi? Si notre exfoliant est en tube ou en bouteille, on le partage avec nos amies sans retenue! «Tous les produits qu’on peut extraire sans contact direct avec notre peau sont totalement sécuritaires», précise Magali. Selon l’experte, une petite gêne est de mise lorsqu’il est question d’un pot duquel on prélève la mixture directement avec les doigts. «En plus de faire foisonner la présence de bactéries, ce geste, qui semble anodin, peut avoir une incidence sur l’intégrité du produit et menacer son efficacité.» Autrement dit, même pour un usage personnel, l’utilisation d’une spatule s’impose pour ce type de contenant! Dans le rayon du gommage, le partage de luffa et de débarbouillette est une autre pratique à proscrire absolument. «Tout ce qui est poreux accumule les cellules mortes», explique Magali. 

 

On garde pour soi: les outils de pédicure

 


Pourquoi? Bactéries, virus, micro-organismes, infections fongiques: voici ce qu’on risque d’attraper ou de donner en partageant nos outils pour les pieds. «Certaines personnes sont affligées d’un champignon de peau ou du pied d’athlète sans même le savoir. Autrement dit, elles peuvent le transmettre involontairement», explique Magali. Toutefois, si on se fait une soirée de filles et qu’on ne possède pas notre propre kit de pédicure, il est possible de désinfecter efficacement les outils en métal à la maison. «On les nettoie d’abord avec du savon et on les laisse sécher complètement, deux étapes primordiales. On termine en les laissant tremper dans un bain d’alcool à friction pendant 10 minutes», suggère notre pro. Qu’en est-il des mains? Ce type de condition y est tout simplement moins courante puisque, contrairement à nos pieds, elles passent la majeure partie du temps à l’air libre en plus d’être lavées plusieurs fois par jour. 

 

 

CHEVEUX 

 

Notre experte: Véronique Beaupré, maître-coiffeur et copropriétaire du salon Local B. 

 

 

On prête: le duo shampoing et revitalisant

 

Pourquoi? Les soins capillaires sont sans contredit la catégorie de produits qu’on peut partager avec un indice de risque presque nul. Véronique encourage même cette pratique pour celles qui voudraient découvrir de nouvelles formules sans se commettre à acheter des bouteilles complètes! «On se procure des contenants vides en vrac et, avec une amie qui possède une chevelure semblable à la nôtre, on les remplit d’un shampoing ou d’un revitalisant qu’on achète à deux», conseille-t-elle. Il peut être aussi intéressant de vérifier si nos produits chouchous viennent dans des formats XL, puisque selon Véronique, ils peuvent représenter une économie allant jusqu’à 50 % du prix courant. Et si votre pharmacie est pleine à craquer? On fait le point sur les produits qu’on utilise, versus ceux qui récoltent la poussière. Cette mousse volumisante qui ne convient pas à notre fibre capillaire est peut-être en voie de devenir le produit chouchou de notre sœur ou de notre belle-mère! 

 

On garde pour soi: les masques capillaires

 

Pourquoi? Pour trois raisons: 1) les masques capillaires viennent souvent dans des pots desquels on prélève le produit directement avec les doigts; 2) l’eau de la douche et des cheveux se retrouvent systématiquement dans la mixture; 3) notre salle de bain, avec l’humidité et la chaleur, est l’équivalent d’un sauna humide. En d’autres mots, on a affaire à un réel incubateur de germes! On oublie donc cette option, mais si on tient coûte que coûte à partager, on se tourne plutôt vers nos brosses ou autres accessoires capillaires qui, contrairement à la croyance populaire, représentent un très faible danger de contagion. Pour les sceptiques, Véronique suggère de vaporiser un peu d’alcool à friction afin de désinfecter notre outil rapido, ce qui permet du même coup de le dépouiller de tous les résidus tenaces de produits coiffants. La seule raison de s’abstenir? Si l’outil est entré en contact avec des poux, évidemment!

 

 

Joëlle Paquette